Culture
Une pente glissante
...viens chanter en chœur … ça te portera bonheur…
Par Sophie N.-C.


Une pente glissante

 
Un dimanche froid et gris à la maison. Début de l'après-midi. Marasme, déprime du lundi à venir. Envie de rien : pas envie de sortir, pas envie de lire, pas envie de rester deux plombes au téléphone à écouter les tribulations nocturnes du samedi soir des copines.  Crevée mais pas envie de faire une sieste: je viens à peine de sortir de mon lit. Bon, à la télé, c'est bien connu: R.A.S le dimanche après-midi. Mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir foutre de ce dimanche après-midi ? ? !!!
 
Je suis allée au ciné. Eh oui, j'ai fini par sortir. Il faisait froid mais j'ai enfilé une tenue de protection ( pulls et gros manteau).  Ma sélection fut rapide : un truc qui me réveillerait, sans prise de tête... un film amerlok évidemment! Starwars ? Trop long. Jeanne d'Arc ? Idem avec le poids de l'histoire en sus. Je me suis ainsi rabattue sur Fight Club sélectionné comme "Navet de la semaine" dans Libération: exactement ce qu'il me faut. Et puis, tout n'est pas perdu : je serai enfin capable de prendre part au vif débat qui agite le cinéma actuel : pour ou contre la violence sur nos écrans. Ce fut ma manière à moi de me déculpabiliser, car enfin! j'engraissais l'industrie cinématographique made in US...
Effectivement, j'ai été réveillée : entre les scènes d'auto-dérision dans la première partie du film qui m'ont fait plus que sourire, et les scènes d'auto-destruction de la seconde moitié du film où tous les muscles du corps tendus, j'attendais la destruction finale...
 Etrangement, pour un film violent, j'ai finalement beaucoup ri. Oui, j'ai ri quand Brad (Pitt, le méchant) et Ed (Norton, le sous-chef-victime) volent des sacs de graisse liposucée dans les poubelles de la clinique-de-chirurgie-esthétique-pour-yuppies, et la revendent le lendemain aux mêmes dans leur grand magasin luxueux. Non, je n'ai pas ri quand cette révolte contre la société matérialiste tourne à à la formation d'une milice aux bottes noires et crânes rasés, et à l'émeute.  Cependant, en aucun cas la censure ne doit ici être active : le film est avant tout un avertissement, un warning qui éblouit et fait mal aux yeux (bien plus, me semble-t-il, que l'épée laser de Luke Skywalker…). Bref, je n'avais pas vraiment perdu mon après-midi : j'avais vu le film rock et désespéré qui divise les générations ( P.Nassif dans L'Evénement du Jeudi, 25/11/99, p26 ). Ouais, peut-être.  En tout cas, moi, j'avais quand même passé un bon  dimanche après-midi...


...viens chanter en chœur
… ça te portera bonheur...

Ce qu'on remarque avant tout, c'est la couverture : tachetée de bleu, de visages heureux, de sourires.  Ce sont les visages et les sourires de tous ceux qui ont participé à la réalisation de ce CD : Or Hayona, la chorale de l'Hachomer Hatzaïr, et tous ceux qui de près ou de loin ont cru à l'importance de chanter la paix en hébreu mais aussi en arabe.
Attention ! qui dit chorale ne dit pas amateurs : on est tout de suite séduits par les voix et les mélodies. Et puis, on a tous envie de croire à la voix qui murmure à la fin de la chanson : Ani veata neshane et haolam, ani veata az yavo' ou kvar koulam... "Toi et moi nous changerons le monde, toi et moi, et puis les autres nous suivrons...".
Un très beau disque.  Merci.
Vente : FNAC (Bastille, Chps Elysées, Halles), Bibliophane (rue des Rosiers), Gibert Joseph (Bd St Michel), ou par correspondance : chèque 105frs (ordre Hachomer Hatzaïr) Hachomer Hatzaïr - Or Hayona 10 rue St claude 75003 Paris